Fourth Worlds

Reassemblage

Trinh T. Minh-ha

https://vimeo.com/274033791

« Un écran noir, des roulements de tambours, des cris, et un texte qui parle le Sénégal : la scène d’ouverture de Reassemblage convoque la géographie imaginaire de l’Afrique, puis enchaîne sur un montage silencieux de séquences fragmentées sur des zones rurales. Reassamblage est clairement un film sur la vie à l’époque du Sénégal postcolonial, mais c’est en réalité une critique poétique du regard ethnographique et de l’autorité du documentaire. Ici, les images et les enregistrements de terrain correspondent rarement, et en voix off, le narrateur se refuse à fournir plus d’explication : son intention est de « ne pas parler sur/juste parler au plus près ». Ce film, réalisé par Trinh T. Minh-ha et sorti en 1982, sort en pleine période de réflexion sur l’anthropologie culturelle, l’altérité et une fausse conception de la neutralité. En montrant et en critiquant leurs effets de création et de reproduction, le film traite de la place centrale de l’imagination dans la technique ethnographique. L’auteure explique toutefois que ce travail critique « ne d’adresse pas simplement à l’anthropologue, mais aussi aux missionnaires, aux volontaires du Peace Corps, aux touristes, et enfin, à moi-même en tant que spectatrice ». En optant pour un point de vue hybride, Trinh T. Minh-ha fait une relecture de la rencontre entre les cultures sur un sol non occidental (Interview avec Nancy Chan).

Cette entrée a été publiée dans Fourth Worlds. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.

Née au Vietnam, Trinh T. Minh-ha est réalisatrice, écrivaine et compositrice.
Son travail a remporté plusieurs bourses et récompenses, et ses films ont été projetés dans plus d’une cinquantaine de rétrospectives. La conceptualisation d’un héritage culturel transnational imprègne son travail de réalisatrice et de théoricienne de la littérature. Trinh T. Minh-ha a beaucoup voyagé et a donné de nombreuses conférences. Elle a donné des cours au Conservatoire national de musique de Dakar au Sénégal, à l’université Cornell, au Smith College et à Harvard aux États-Unis. Elle est également professeure dans les départements de rhétorique et d’études sur les femmes et le genre à l’université de Californie à Berkeley.

Born in Vietnam, Trinh T. Minh-ha is a filmmaker, writer and composer.
Her work has received several awards and grants and her films have been given over fifty retrospectives. The conceptualization of cultural heritage as transgressing borderlines informs her work as both a filmmaker and a literary theorist. Trinh Minh-ha has traveled and lectured extensively. She taught at the National Conservatory of Music in Dakar (Senegal), at universities such as Cornell, San Francisco State, Smith, and Harvard (USA) and she is Professor of Gender & Women’s Studies and of Rhetoric at the University of California, Berkeley.

https://vimeo.com/274033791

« A black screen, the sounds drumming and cheering, and a text referring to Senegal: Reassemblage‘s opening activates the imaginary geography of Africa, followed by a silent montage of fragmented images from rural areas. Reassemblage is ostensibly a film about life in post-colonial Senegal, but is in fact a poetic critique of the ethnographic gaze and of documentary authority. Here, images and field recordings seldom correspond, and from the outset, the narrator declines any further clarification: « I do not intend to speak about/just speak nearby ». Trinh Minh-ha’s 1982 film, released during cultural anthropology’s reflexive turn, critiques ethnographic representation, othering and a false ideal of neutrality. Both activating its productive, and critiquing its reproductive capacities, the film speaks to the centrality of imagination in the technique of ethnography. The author makes clear, however, that, « the critical work in Reassemblage […] is not simply aimed at the anthropologist, but also at the missionary, the Peace Corps volunteer, the tourist, and last but not least at myself as onlooker. » Positioning herself in a hybrid location, Trinh Minh-ha re-reads the meeting of cultures on non-Western ground (Interview with Nancy Chan).