NONSELF

UN PROJET DE JOHN SANBORN

27 juin 2019 – novembre 2019

nonself.me

Un autoportrait conventionnel est la représentation qu’un artiste fait de lui-même au moyen de l’écrit, du dessin, de la peinture, de la photographie, de l’enregistrement ou de la sculpture. Ce processus d’affirmation d’une version de soi exprime ce qui EST — reflété par une réalité non ambiguë — transformé par l’intention et la technique. La question est donc : peut-on se définir en utilisant un espace négatif ?

Notre définition du négatif est vide ou nulle, mais comme pour la musique ou le design, l’inverse vérifie le positif. On ne connaît pas la joie sans la douleur. En créant NONSELF, j’offre des preuves de conscience, construites à partir de l’espace négatif qui m’entoure. Il est facile de dire ce qui EST, mais l’impression créée à partir de ce qui n’EST PAS convoque ce qui n’est « pas moi » et notre compréhension immédiate de la « vérité ».

Bien que je trouve mon inspiration dans l’examen de moi-même (« moi »), une stratégie plus motivante et productive consiste à chercher en dehors de « moi », dans la diversité et la complexité de la morale et des conséquences qui ne sont « pas moi ». L’orbite du « moi » restreint la croissance, il est donc essentiel de défier la gravité de l’ego.

En embrassant tout ce que je ne suis pas, ma conscience de « moi » s’agrandit et se modifie, exigeant que je développe et élargisse mes objectifs artistiques pour enrichir ma voix et moi-même. De cette façon, « pas moi » — l’espace inexploré qui dessine ma conscience identifiée — constitue un moyen amélioré de présenter un portrait de qui je suis et de la façon dont je suis arrivé ici.

C’est une attitude personnelle qui a des implications politiques et une tactique politique avec un impact intimement personnel. NONSELF se rapporte à la narration en décrivant comment nous nous inventons nous-mêmes à travers les histoires que nous utilisons pour former nos souvenirs. En tant que narrateurs, ou portraitistes, nous sommes parfois peu fiables — voire tout bonnement des menteurs. Nous modelons la façon dont nous nous représentons et demandons que ce soit pris pour argent comptant. Serait-il alors possible d’évaluer un être humain par une impression en négatif ?

NONSELF est composé d’une série de 110 courtes vidéos dont chacune utilise des attributs, des attitudes et des perspectives « pas moi » pour créer un autoportrait inversé. Ce ne sont ni des conférences ni de la prose, mais des moments insaisissables et des sentiments fugaces capturés par la vidéo et tissés ensemble grâce à une interaction avec le public.

Dans la vraie vie, nous sommes chaque jour une personne différente — parfois honnête, ou imprudente, ou même avunculaire — en fonction de très nombreux éléments transitoires. Si le spectateur ne fait rien lorsqu’il regarde NONSELF, les vidéos sont lues selon un ordre « aléatoire ». Des invites sont proposées (également sélectionnées à l’aide d’un algorithme de randomisation) de manière à créer, lors de leurs interactions, leur propre version de NONSELF — si proche du non-sens mais également de la vérité.

Amusez-vous avec NONSELF à vous demander ce qui est vrai et ce qui ne l’est PAS.

John Sanborn

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JOHN SANBORN

John Sanborn est un membre clé de la deuxième vague de vidéastes nord-américains comprenant Bill Viola, Gary Hill, Dara Birnbaum et Tony Oursler. Les œuvres de Sanborn couvrent les débuts de l’art vidéo expérimental des années 1970, à l’apogée de la musique/des vidéos de MTV et de l’art interactif jusqu’à l’art des médias numériques actuel.

Le travail de Sanborn est diffusé à la télévision (« Alive From Off Center », MTV, « Great Performances », PBS), à travers des installations vidéo (« V + M », « EAGE », « La tentation de saint Antoine »), des jeux vidéo (« Psychic Detective »), des expériences sur Internet (« Paul is Dead », « Dysson ») et l’art multimédia. Il est connu pour ses collaborations avec des interprètes virtuoses, des compositeurs et des chorégraphes contemporains. Son œuvre aborde principalement les thèmes de la musique, de la mythologie et de la mémoire. Vanity Fair l’a surnommé « the acknowledged genius in the field [le génie reconnu sur le terrain] ».

Les œuvres de Sanborn ont été présentées dans presque tous les musées d’art contemporain du monde, y compris le Whitney Museum, New York ; le Museum of Modern Art, New York ; le Prado, Madrid ; le Centre Pompidou, Paris ; la Tate Gallery, Londres ; et le musée Seibu, Tokyo. Ses œuvres vidéo ont été diffusées dans le monde entier, notamment pour PBS, avec Bill T. Jones, Philip Glass, Nam June Paik, Twyla Tharp, The Residents et David Gordon.

John Sanborn est titulaire d’un Master honorifique en cinéma de l’ESEC, à Paris, et a été fait Chevalier des arts et des lettres par le ministre de la Culture de la République française. La chaîne YouTube de Sanborn a été vue plus de 40 millions de fois et a plus de 90 000 abonnés. En 2017, le Mill Valley Film Festival lui a décerné un prix d’excellence. John Sanborn vit à Berkeley en Californie.

Page wikipedia
Site internet

JOHN SANBORN

John Sanborn is a key member of the second wave of North American video artists that included Bill Viola, Gary Hill, Dara Birnbaum, and Tony Oursler. His body of work spans the early days of experimental video art in the 1970s through the heyday of MTV music/videos and interactive art to the digital media art of today.

Sanborn’s work has appeared on television (“Alive From Off Center,” MTV, “Great Performances,” PBS), video installations (“V+M,” “EAGE”), “The Temptation of St. Anthony”), video games (“Psychic Detective”), internet experiences (“Paul is Dead,” “Dysson”) and multimedia art. He is known for collaborations with virtuosic performers, contemporary composers, and choreographers. His oeuvre primarily addresses the themes of music, mythology, and memory. Vanity Fair called him “the acknowledged genius in the field.”

Sanborn’s works have been shown at almost every contemporary art museum in the world, including the Whitney Museum, New York; the Museum of Modern Art, New York; the Prado, Madrid; the Centre Pompidou, Paris; the Tate Gallery, London; and the Seibu Museum, Tokyo. His video works have been broadcast worldwide, including on PBS in shows featuring Bill T. Jones, Philip Glass, Nam June Paik, Twyla Tharp, The Residents, and David Gordon.

John Sanborn holds an honorary Master of Cinema degree from ESEC, in Paris, and was made a Chevalier des Arts et des Lettres by France. Sanborn’s YouTube channel has over 40 million views and over 90 thousand subscribers. In 2017, the Mill Valley Film Festival honored him with a lifetime achievement award. John Sanborn lives in Berkeley, California.

NONSELF
A project by John Sanborn
nonself.me

A conventional self-portrait is a depiction of an artist that is written, drawn, painted, photographed, recorded, or sculpted; by that artist. The process of presenting a version of self expresses what IS—reflected by disambiguated reality—transformed by intent and technique. So, the question is: can you define yourself using negative space?

Our definition of negative is emptiness or a void—but as with music or design, the inverse verifies the positive. One cannot know joy without pain. By creating NONSELF, I offer evidence of consciousness, constructed from the negative space that surrounds me. It’s easy to state what IS—but the impression made from what IS NOT speaks to what is “not me” as well as our current understanding of “truth”.

While I find inspiration in examining myself (“me”), a more motivating and productive strategy is to search outside “me”, into the diverse and complex set of morals and consequences that are “not me”. The orbit of “self” constricts growth, so defying the gravity of ego is essential.

By embracing all I am not, my awareness of “me” expands and mutates—demanding that I develop and extend my artistic goals to enrich my voice and myself. In this way “not me”—the unexplored space that silhouettes my identified consciousness—is an enhanced way to adjudicate a portrait of who I am and how I got here.

This is a personal attitude that has political implications—and a political tactic with intimately personal impact. NONSELF relates to storytelling as it describes how we invent ourselves via the stories that we use to form our memories. As narrators, or portraitists, we can be unreliable—or downright liars. We mold how we represent ourselves, and ask that we be taken at face value. Then, is it possible to use a negative impression to evaluate a human being?

NONSELF is comprised of a series of 110 short videos each of which uses “not me” attributes, attitudes and perspectives to create an inverted self-portrait. They are not lectures or prose, but elusive moments and fleeting feelings captured in video and woven together by audience interaction.

In our real lives, we are different people every day—sometimes honest, or diffident, or avuncular—depending on so many transient elements. If the viewer does nothing when viewing NONSELF, the videos play in a “random” order. Prompts are offered (also selected using a randomizing algorithm) so that when they interact, they build their own version of NONSELF—so close to nonsense but true.

Part of the amusement value in NONSELF is wondering what is true and what is NOT.

John Sanborn