Fourth Worlds

L’ethnographie imaginaire dans l’expérimentation musicale et sonore

Une proposition de Stefanie Kiwi Menrath
Juin 2018 – novembre 2018

Bien que la mixité culturelle soit une réalité pour toutes les sociétés depuis des temps immémoriaux, la pratique qui consiste à délimiter les cultures comme des entités séparées, géographiquement ancrées, existe aussi depuis longtemps. En ethnographie, les enregistrements de terrain font partie de cette pratique qui cherche à localiser et à différencier les cultures musicales pour rattacher leurs sonorités à des lieux et à une cartographie culturelle précise. Depuis plusieurs décennies, des artistes s’opposent à cette vision statique de la culture et à cette notion de territorialité de la musique et des sons, grâce aux stratégies critiques offertes par l’imaginaire et la fiction. La question qu’ils posent à travers leurs œuvres est la suivante : quelle est la part d’imagination inhérente aux techniques documentaires de l’ethnographie ? Dans quelle mesure les technologies modernes pour réaliser des enregistrements de terrain perpétuent-elles une perspective euro-centrée de la culture ? La fiction sonore est-elle capable de renverser l’essentialisme culturel et d’encourager une mémoire critique et contestataire ?

En 1980, Jon Hassel, trompettiste et compositeur, propose un début de réponse avec son album Fourth World Vol. 1: Possible Musics (réédité en 2014). Il explique : « J’ai voulu parvenir à des paysages géographiques et mentaux moins déterminés — qu’on ne pense pas à l’Afrique ou à l’Indonésie, ni à tel ou tel endroit du monde […]. Je voulais quelque chose qui aurait pu exister et grandir dans un endroit imaginaire, avec une culture et une musique imaginaire ». Chez Jon Hassel, la notion de « Fourth World » génère un espace imaginaire ouvert à l’échange musical et culturel. Au-delà de l’utopie d’une mixité culturelle totalement pacifique ou de la dystopie d’un choc des civilisations, il propose de transcender le concept d’un contact culturel purement additif. Le « Fourth World » de Jon Hassel convoque le caractère « autre mond » de la musique : elle n’a pas à être une extension littérale de la représentation d’un monde divisé en trois blocs (à l’époque, bloc occidental, bloc soviétique et tiers-monde), elle doit au contraire explorer les références spatiotemporelles musicales et sonores et expérimenter.

En considérant cette notion comme un concept en soi (et non plus comme un genre musical), l’exposition « Fourth Worlds » (au pluriel) présente des approches artistiques qui explorent l’histoire et l’actualité de la différentiation culturelle, qu’elle soit violente et coloniale, ludique et postmoderne, ou audacieusement contemporaine. « Fourth Worlds » veut entrer en résonnance avec une réflexion transculturelle et sonore qui, comme Paul Gilroy dans son livre L’Atlantique noir : Modernité et double conscience, révèle la dimension performative et mobilisatrice du son, ainsi que les qualités recombinatoires et tourmentées des cultures diasporiques qui traversent les océans, envers et contre toute notion monolithique de « racines ». Dans ce contexte, l’imagination aussi a largement été critiquée, à juste titre, comme un instrument de domination et de définition de l’altérité. L’imagination joue un rôle dans la séparation spatiotemporelle par rapport aux cultures dites « traditionnelles » ou « du monde » — par exemple dans la cartographie des anciennes colonies et des États-nations, et dans la narration qui est faite de l’« autre ». Non seulement l’imagination est centrale dans cette histoire, mais elle est aussi déterminante dans les pratiques ethnographiques contemporaines, qu’elles s’appliquent au champ de l’art ou dans les études culturelles elles-mêmes. Les stratégies de l’ethnographie imaginaire embrassent ces différents champs pour reconsidérer méthodiquement l’imagination. L’ethnographie imaginaire fait autant référence à la capacité productive de l’imagination qu’à ses éléments reproductifs : elle voit « l’imaginaire culturel » comme une immense archive de représentations imaginaires des « autres », négociée et socialement partagée, mais elle mobilise également l’imagination comme la capacité créative de faire apparaître de nouvelles images de ce qui n’existe pas ou de ce qui n’existait pas.

En prenant ces éléments comme point de départ, l’exposition « Fourth Worlds » rassemble une sélection de musiciens, d’artistes sonores et de théoriciens qui remettent en cause les discours sur l’« altérité » grâce à une narration spéculative, grâce à la fiction. Mythe des origines hypothétique, fausses archives musicales, atlas fantômes, mémoires critiques, nations virtuelles regroupant des diasporas, îles « pacifiques » dans tous les sens du terme, carnet de voyage fictif, archéologie du futur et reconstruction de mondes bientôt disparus — toutes les œuvres de cette exposition incarnent une riposte musicale et artistique face à la manie ethnographique d’assujettir des cultures à des endroits fixes.

Fourth Worlds – Imaginary Ethnography in Experimental Music and Sound

While cultural mixing has been a reality of all societies since time immemorial, there also exists a long history of circumscribing cultures as separate and geographically localized entities. Ethnographic field recording functions as part of this history of positioning and differentiating music cultures in the way that it links sounds to localities and positions them within a cultural cartography. In recent decades, a number of artists have countered static notions of culture and ideas of a territorialisation of music and sound with critical strategies of imagination and the imaginary. Through their work they ask: What are the imaginations inherent in the documentary technique of ethnography? How does the modern technology of field recording perpetuate a Eurocentric perspective of culture? Can sonic speculation destabilize cultural essentialisms or stimulate critical counter-memories?

Composer and trumpeter Jon Hassell set the stage with his eponymous 1980 album Fourth World Vol. 1: Possible Musics (reissued in 2014): « I wanted the mental and geographical landscapes to be more indeterminate – not Indonesia, not Africa, not this or that »… « Something that could have existed if things were in an imaginary culture, growing up in an imaginary place with this imaginary music”. In Hassell’s music the notion of “Fourth World” creates an imaginary place for musical and cultural exchange: beyond the utopia of a conflict-free cultural melange or the dystopian clash of cultural forms, it offers to transcend merely additive notions of contact. Hassell’s “Fourth World” draws on the “otherworldly” quality of music as such: not as an extension of the literal, developmental three-world-model, but as an experimental exploration of the spatial and temporal references of music and sound.

Taking Hassell’s notion of Fourth World as a conceptual formation (not as a musical genre), « Fourth Worlds » (note the plural) turns its focus to a series of artistic approaches that navigate the history and present tense of violently colonial, playfully postmodern or brashly contemporary cultural differentiations. « Fourth Worlds » aims to resonate with transcultural sonic thinking that, as in Paul Gilroy’s Black Atlantic, elucidates the performative and mobilizing dimension of sound and the restless, recombinant qualities of diasporic cultures criss-crossing oceans and resisting monolithic notions of “roots”. In this context, imagination has also been rightly critiqued at length as an instrument of domination and “othering”: imagination plays its part in the spatiotemporal distancing from “other”, “traditional” or “ethnic” cultures – for example in the cartography of former “colonies” and “nation states” and in narratives of the “other”.
Imagination is central not only to this history but also plays a crucial role in contemporary practices of ethnography – be they applied to the field of art or in cultural studies. Strategies of imaginary ethnography think these fields together and methodically reassess imagination. Imaginary ethnography alludes to both the productive capacity of imagination and its reproductive elements: it relates to the “cultural imaginary “ as a negotiation of a vast archive of images and socially shared imaginations about “others”, but it also activates imagination as a creative capacity of making appear a new image of something that neither is nor was.

Taking this as its starting point, « Fourth Worlds » brings together a selection of musical and sound artists and theorists who question the discourse of “otherness” through speculation. Dubious origin myths, mock music archives and phantom atlases, counter-memories and digital diasporic nations as well as islands empathically tied by pacifism, imaginative travel journals, future archaeologies or reconstructions of soon to be lost worlds – the pieces selected for this exhibition project musical and artistic counterstrategies to the ethnographic urge of fixing cultures to places.

Traduction française : Aurélien Ivars

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actualités

ARCHIVES

  • FOURTH WORLDS – L’ethnographie imaginaire dans l’expérimentation musicale et sonore

    Rencontre et concerts
    le mardi 26 juin 2018

    À l’occasion de la soirée de lancement de l’exposition en ligne, le Jeu de Paume a accueilli les artistes Tomoko Sauvage et Andrew Pekler pour deux concerts inédits ainsi que Stefanie Kiwi Menrath, commissaire.
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  • LA NATURE APRÈS

    Rencontre le mardi 13 mars 2018

    Le Jeu de Paume et la Fondation Gulbenkian à Paris ont proposé une rencontre autour du projet en ligne « À propos du Chthulucène et de ses espèces camarades » et de l’exposition « Talismans ».
    Avec Maria Ptqk, Sarina Basta, Pedro Neves Marques et Ana Vaz.
    En savoir plus

  • À PROPOS DU CHTHULUCÈNE

    Rencontre le mardi 5 décembre 2017

    Avec Maria Ptqk, Špela Petrič, Annick Bureaud et Sophie Fernandez.
    Voir la vidéo

  • FUTURS NON-CONFORMES. #3 FUTURS DÉVIANTS

    Rencontre à l’occasion du lancement du cycle 3 de l’exposition

    Avec les artistes Aliens in Green, Brendan Howell et Nicolas Nova y ont présenté leurs nouvelles productions, en présence des commissaires du projet Maria Roszkowska et Nicolas Maigret.
    Écoutez la conférence

  • ADM XI

    collectif d’artistes RYBN

    Ce projet, produit par le Jeu de Paume avec le support du Dicréam, et présenté sur notre espace virtuel du 29 octobre 2015 au 5 avril 2016, a reçu le prix Net based 2017.
    http://www.hek.ch

  • FUTURS NON-CONFORMES. #2 PASSAGES À L’ACTE

    Rencontre à l’occasion du lancement du cycle 2 de l’exposition

    Avec les artistes Morehshin Allahyari & Daniel Rourke, Zach Blas, le collectif RYBN et Nicolas Maigret, commissaire, suivie d’une performance culinaire inédite du Center for Genomic Gastronomy.
    Écoutez la conférence

  • FUTURS NON-CONFORMES. #1 MYTHOLOGIES

    Rencontre à l’occasion du lancement de l’exposition

    Avec les artistes Ewen Chardronnet, Manu Luksch, Peter Moosgaard et Nicolas Maigret, commissaire.
    Écoutez la conférence

      • FUTURS NON-CONFORMES. #2 PASSAGES À L’ACTE

        Rencontre à l’occasion du lancement du cycle 2 de l’exposition

        Avec les artistes Morehshin Allahyari & Daniel Rourke, Zach Blas, le collectif RYBN et Nicolas Maigret, commissaire, suivie d’une performance culinaire inédite du Center for Genomic Gastronomy.
        Écoutez la conférence

      • FUTURS NON-CONFORMES. #1 MYTHOLOGIES

        Rencontre à l’occasion du lancement de l’exposition

        Avec les artistes Ewen Chardronnet, Manu Luksch, Peter Moosgaard et Nicolas Maigret, commissaire.
        Écoutez la conférence

      • LOUIS BEC

        « Pour une Hypozoologie »

        Dans le cadre de « ADM XI » Louis Bec, scientifique et seul zoosystémicien en titre, a présenté les fondamentaux de ses recherches.
        Écoutez la conférence

      • FRED FOREST

        « Médias en partage »

        Rencontre avec l’artiste et les deux commissaires, Ruth Erickson et Maud Jacquin ».
        Voir la vidéo

        • « High Retention, Slow Delivery »

          « La Cacophony Society »

          Conférence de John Law, membre de La Cacophony Society, animée par Marie Lechner, journaliste et en présence d’Inke Arns, directrice artistique du HMKV, Dortmund.
          Écoutez la conférence

        • « Erreur d’impression. Publier à l’ère du numérique »

          « Reading Club »

          Performance proposée par Annie Abrahams et Emmanuel Guez, artistes, en présence d’Alessandro Ludovico

          Voir la vidéo

        • « Erreur d’impression. Publier à l’ère du numérique »

          Rencontre autour de l’exposition, avec Florian Cramer, David Guez et Aymeric Mansoux en présence d’Alessandro Ludovico

          Écoutez la conférence

        • « Erreur d’impression. Publier à l’ère du numérique »

          « La carte ou le territoire » : Rencontre avec Stéphanie Vilayphiou et Alexandre Leray, membres du collectif Open Source Publishing de Bruxelles, accompagnés d’Alessandro Ludovico, commissaire de l’exposition.

          Écoutez la conférence

        • « Erreur d’impression. Publier à l’ère du numérique »

          Découvrez la sélection de livres en vente à la librairie du Jeu de Paume et sur son site Internet.

          www.librairiejeudepaume.org

        • « Erreur d’impression. Publier à l’ère du numérique »

          Conférence d’ouverture de l’exposition, avec Benjamin Gaulon et Alessandro Ludovico

          Écoutez la conférence

        • « Erreur d’impression. Publier à l’ère du numérique »

          Rencontre avec Alessandro Ludovico qui présente la problématique de son projet curatorial et la manière dont les artistes sélectionnés mettent en perspective les mutations qui affectent les supports d’information et de diffusion.

          Voir la vidéo sur le magazine

        • « Erreur d’impression. Publier à l’ère du numérique »

          Rencontre avec Julian Oliver & Danja Vasiliev qui parlent des enjeux de leur pièce NEWSTWEEK, présentée dans le cadre de l’exposition.

          Voir la vidéo sur le magazine

        • « Import-Export »

          Enregistrement de la conférence donnée à l’occasion de l’exposition « Form@ts ».
          Avec Christophe Bruno, commissaire de l’exposition, Sonia Marques et Étienne Cliquet, enseignants et artistes à l’initiative du projet collectif « Magic Ring », Chrystelle Desbordes, historienne de l’art et critique d’art, et Samuel Tronçon, philosophe.

          Écoutez la conférence sur www.jeudepaume.org

        • « Form@ts »

          « Import-Export »

          Conférence autour de l’exposition, le mercredi 11 avril à 19 heures.
          Avec Christophe Bruno, commissaire de l’exposition, Étienne Cliquet, artiste, Chrystelle Desbordes, historienne de l’art et critique d’art, Sonia Marques, artiste, et Samuel Tronçon, philosophe.

          en savoir plus

        • « Blow-up »

          « Scale and Forces of Gravity in Desire »

          Performance de Natasha Rosling, réalisée le 26 novembre 2011, dans le cadre de l’exposition, en collaboration avec le collectif SoundDoesn’tTravel, et avec la participation de Pauline Curnier-Jardin et Clément Douala.

          Voir la vidéo sur le magazine

        • « Blow-up »

          Écouter la conférence organisée le 21 septembre 2011 à l’occasion de l’ouverture de l’exposition : avec Christophe Bruno et Daniele Balit, commissaires, et avec les artistes Jean-Baptiste Bayle et Didier Courbot qui présentent leurs projets.

          en savoir plus

        • « Identités précaires »

          « On ne meurt que deux fois »

          Écouter la conférence, organisée le 10 juin 2011, à l’occasion de l’exposition : avec Christophe Bruno, commissaire, Geoff Cox, chercheur, artiste et commissaire d’exposition, Milad Doueihi, théoricien des religions et Heath Bunting, artiste.

          en savoir plus

        • « Identités précaires »

          « Confusion identitaire »

          Écouter la conférence, organisée le 1er avril 2011, à l’occasion de l’exposition : avec Christophe Bruno, commissaire, Emmanuel Guez, philosophe, Inès Sapin, critique d’art, et Cornelia Sollfrank, artiste.

          en savoir plus

Phantom Islands – A Sonic Atlas

Andrew Pekler

Entre réalité cartographique et fiction océanique, ces îles fantômes ont hanté les cartes marines pendant des siècles, suscitant légendes, fantasmes et récits contradictoires. Le projet multimédia Phantom Islands — A Sonic Atlas s’empare des îles imaginaires du monde entier pour présenter leurs ambiances sonores et musicales sur une carte interactive.

Poised between cartographical fact and maritime fiction, phantom islands haunted seafarers’ maps for hundreds of years, inspiring legends, fantasies, and counterfactual histories. The multimedia project Phantom Islands – A Sonic Atlas interprets and presents these imaginations.

The Last LP

Michael Snow

Parodiant la tradition de l’ethnologie sauvage, Michael Snow rassemble dans The Last LP  des musiques rares issues de cultures du monde entier, disparues, en voie de disparition, ou pas encore disparues ».

Mocking this tradition of salvage ethnology, The Last LP by Michael Snow assembles « rare music derived from threatened, obsolete, or non-extinct cultures from around the world ».

Archipelago Archives Exhibit #3: wordsoundsimages

Kiran Kumar

Archipelago Archives est un projet de recherche artistique qui (ré)invente les danses d’un archipel imaginaire de l’Océan indien, quelque part entre l’Inde et l’Indonésie, à notre époque.

Archipelago Archives is an artistic research project that (re-)invents dances of an imaginary archipelago in the Indian Ocean, somewhere between present-day India and Indonesia.

Pacific Pacific

Tomoko Sauvage

Tomoko Sauvage présente Pacific Pacific, une série d’expérimentations musicales filmées qui explorent les relations humaines et les mouvements pacifiques autour de l’océan du même nom.

Tomoko Sauvage presents Pacific Pacific: a video documentation of new musical experiments on the theme of empathic ties born around the peace movement in the Pacific Ocean.

NON Trilogy

NON

NON Trilogy (2018) est une « compilation en trois volumes, imaginée comme une étude du génome de 42 artistes (les “citoyens” de NON) et présentant le patrimoine génétique qu’ils sont censés avoir en commun. »(Max Mertens)

NON Trilogy (2018) is a « three-part compilation series framed as a ‘genome-wide association study’ of the 42 participating artists (or ‘citizens’ of NON’s transnational republic) that outlines their supposed genetic commonalities » (Max Mertens).

Music and Poetry of the Kesh

Ursula K. Le Guin & Todd Barton

Dans La Vallée de l’éternel retour, Ursula K. Le Guin, auteure de science-fiction, raconte l’histoire des Kesh, une tribu vivant 500 ans dans le futur, sur la côte pacifique de l’actuelle Californie.

Music and Poetry of the Kesh is the documentation of an invented Pacific Coast peoples from a far distant time, and the soundtrack of science fiction author, Ursula K. Le Guin’s Always Coming Home.

Drexciya

Drexciya Research Lab

Drexciya est un groupe de Détroit, un duo légendaire de musique électronique formé par James Stinson (1969-2002) et Gerald Donald. À travers des allusions et des messages cryptiques, leurs albums tissent le mythe d’une cité engloutie baptisée Drexciya.

Drexciya is the name of the legendary Detroit electronic music duo formed by James Stinson (1969-2002) and Gerald Donald; in the subtext and cryptic messages on several of their concept albums they refer to a Black Atlantis called Drexciya sunk in the Atlantic Ocean.

Slow Action

Ben Rivers

Slow Action est un film de science-fiction post-apocalyptique regroupant quatre vidéos en 16 mm, entre documentaire, recherche ethnographique et fiction. Cette œuvre étudie l’évolution d’écosystèmes et de leurs espèces lorsqu’ils sont isolés, entourés par un environnement hostile.

Slow Action is a post-apocalyptic science fiction film that brings together a series of four 16mm works about four islands which exist somewhere between documentary, ethnographic inquiry and fiction.

Idylls

Lieven Martens

Idylls, album accompagné d’un livret de 12 pages, s’ouvre sur un poème sonore où Lieven Martens Moana tente de « voir à travers les yeux de Robert Louis Stevenson ».

Taking the form of a 12-page book accompanying an LP disc, Lieven Martens Moana’s Idylls initially presents itself to the listener through concentrated and intentional sound-prose poems of the life of Robert Louis Stevenson

Reassemblage

Trinh T. Minh-ha

Reassamblage est clairement un film sur la vie à l’époque du Sénégal postcolonial, mais c’est en réalité une critique poétique du regard ethnographique et de l’autorité du documentaire.

Ostensibly a film about life in post-colonial Senegal, Reassemblage is in fact a poetic critique of the ethnographic gaze and of documentary authority

Subterranean Homesick Cumbia

Los Jaichackers

Subterranean Homesick Cumbia est un film fluvial, tourné sur l’Amazone et le Mississippi. C’est un souvenir vidéo du voyage des artistes en quête de la naissance mythique de la Cumbia, première forme de musique latino-américaine hybride.

Subterranean Homesick Cumbia, shot on the Amazonas and the Missisippi rivers, is the videographic keepsake of the artists’ journey to trace the mythological birth of Cumbia music, the first Latin American hybrid musical form.