Identités précaires 
Cycle Side Effects

Dick head man Records

Dick head man Records est un label fictif mais effectif de variété musicale, qui regroupe des centaines de formations. C’est aussi le lieu d’une activité et d’une production plastique importante, par des artistes qui se sont emparés des moyens de diffusion et de promotion des groupes.

Dick head man Records, music electro ménager

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Mass Murder Mouses, REgINA, Ggru, Raoul Beckman ou encore Super Polar sont des formations produites par Dick head man Records, mais également composées de membres qui fondent le label. Aussi, tout le
monde brouille les pistes : une trentaine de groupes pour une quarantaine de disques produits à ce jour ; un noyau dur et une quinzaine d’artistes au total. Multipistes, multipostes, tous s’influencent et rivalisent dans un jeu de dédoublement inspiré des schtroumpfs, où les filles sont évanescentes et les méchants, méchants. Des enregistrements pirates du catalogue DhmR circulent à l’intérieur même du corpus. On dit que certains cherchent le putsch ; que Dick est un tyran qui ne sort jamais de sa chambre ; qu’il contrôle tout, de plusieurs endroits au même instant ; qu’il serait à l’origine d’un projet dont la première règle est de ne pas en parler. Artiste démiurge aux mille patronymes, Dick ne laisse rien au hasard. Un jour, il viendra frapper à votre porte et vous l’aurez cherché.

Dans l’action, Dick ne néglige toutefois pas la théorie et fait de DhmR le terrain expérimental de vastes réflexions. Label au grand cœur, DhmR est à la fois origine et conséquence du Manifeste actualiste en musique : le son perpétuel à l’époque de sa ductilité technologique. Autrement dit, rien de mieux ne se fait que ce qui se fait au présent. Et rien ne peut être plus plaisant, salvateur et vivifiant que de moduler ce qui se produit à la fois de pire et de meilleur, et d’en jouir. Passant d’une joie ineffable à se moquer des clichés les plus tenaces au plaisir simple d’une musique facile et fascinante, le collectif brille par sa modestie et la non-spécialisation de sa production. Et considérant qu’à la première écoute toute prétention qualitative au sens joli du terme tombe à l’eau, que reste-il ? Un essai, un effort perpétuel, un accident permanent, un slalom haletant et chavirant d’un genre à un autre, une course sanitaire les pieds nus dans le chantier des variétés de la Fnac, une cuisante victoire sur la « musique de disque » ! Plus qu’un label, Dick représente l’Homme Nouveau. Déterminé par tout ce qui se fait de « moyen », il embrasse à bras le corps les artistes du monde entier. D’ores et déjà, il côtoie les plus grands. Il se réclame de tous et tous le réclame. Sa notoriété sera incontestable tant son ambition est tentaculaire. The Eternal Dick Network is not a virtual crime!

Extrait de « The Eternal Dick Network is not a virtual crime! », 
Raoul McCain 

In Deep Vibrations, n°168, NY – March 2005. 
Traduit de l’anglais par Nicolas Audureau

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Dick head man Records, 2006

Dick head man Records. Depuis plus d’une dizaine d’année, le label DhmR participe, à travers le monde, à de multiples concerts, festivals et expositions. Du club islandais au centre d’art contemporain russe, de la galerie néo-zélandaise au PMU toulousain, Dick head man Records se fait inviter et s’invite. « KUNST », la première rétrospective du label, a été organisée en 2006, à Production 138 (Grenoble).

URL du site de l’artiste
http://www.dickheadmanrecords.blogspot.com/

URL BIO / CV
http://dickheadmanrecords.blogspot.com/p/textes.html