Futurs non
conformes. #1 Mythologies

Artificial Fear, Intelligence of Death

De nombreux exemples d’intelligence artificielle précaire peuplent maintenant nos vies (Siri, moteurs de recherche, chatbots…), ils sont les fruits d’une industrie de l’informatique intimement liée aux imaginaires de la science-fiction. Des superproductions Hollywoodiennes aux nombreuses rumeurs diffusées sur le net, l’intelligence artificielle a ouvert un champ infini de glissements interprétatifs, de stupeur paranoïaque et d’indicible, qui préfigurent également une vulgarisation des idéologies sous-jacentes comme la cybernétique ou le transhumanisme.

Ces formes d’intelligences non-organiques sont déjà entourées d’histoires, de comportements, de personnifications ou de revendications politiques et sociales. Les modalités d’une co-évolution avec ces nouvelles entités sont à construire en permanence, à base de récits, de mythologies, de ré-appropriations et d’interprétations.

Sur la base de ces interrogations et dans une approche critique, Lauren Huret s’est rendue à San Francisco pour y mener une enquête de terrain prenant la forme d’entretiens avec des philosophes, éditeurs, ingénieurs, programmeurs et historiens. Ce livre d’artiste, rend compte de la diversité des points de vue et de la complexité de délimiter les enjeux qui entourent l’IA.

La composante visuelle reprend l’iconographie de la revue d’informatique Byte, couvrant l’émergence de l’ordinateur personnel entre 1978 et 1986. Lauren Huret en a généré une série de collages, complétée d’exemples publicitaires ventant les qualités tant humaines que magiques de l’ordinateur.

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FutursNonConformes_ArtificialFear

Lauren Huret (1984, Paris, France) vit à Genève. Diplômée de l’école de Beaux-arts de Bordeaux, et de la HEAD — Genève, elle a fondé la revue Superstition et un club de poésie : le Global Paranoia Poetry Club. Son travail explore essentiellement, à travers la vidéo, le collage, la performance et l’écriture, les croyances et les récits contemporains liés à la machine, et plus particulièrement liés aux nouvelles technologies. Son travail a été montré notamment au Kunstmuseum de Lucerne pour le prix suisse de la performance, au Schinkel Pavillon à Berlin, au Magasin de Grenoble, au centre d’art Friart de Fribourg et à la Panacée à Montpellier.

Lauren Huret was born in 1984 in Paris and now lives in Geneva. She graduated from the École de Beaux-arts de Bordeaux and the Geneva University of Art and Design (HEAD – Genève). She is the founder of a periodical entitled Superstition, as well as the Global Paranoia Poetry Club. Through video, collage, performances and texts, her work essentially explores the beliefs and contemporary tales associated with machines in general and new technologies in particular. Her work has been shown at the Kunstmuseum de Lucerne (during the Swiss Performance Prize), at the Schinkel Pavillon in Berlin, the Magasin in Grenoble, Friart Ars Centre in Fribourg and at the Panacée in Montpellier.

Artificial Fear, Intelligence of Death

There are numerous examples of rather unstable forms of artificial intelligence that are now part of our lives (Siri, search engines, chatbots…) dreamt up by an IT industry that is closely connected to the imaginary world of science fiction. Hollywood blockbusters on AI and the many rumours that abound on the subject have paved the way for an infinite number of shifts in interpretation, from paranoid stupor to the unspeakable, which also augur the vulgarisation of its underlying ideologies such as cybernetics and transhumanism.

These forms of non-organic intelligence are already surrounded with stories, behaviour patterns, personifications and political or social demands. The modalities of our co-evolution with these new entities need to be continually constructed, based on narratives, myths, re-appropriations and interpretations.

Working on these questions and in a critical approach, Lauren Huret travelled to San Francisco to carry out a field study in the form of conversations with philosophers, publishers, engineers, programmers and historians. The resulting artist’s book bears witness to the diversity of viewpoints she encountered and the complexity of trying to define the contours of what is at stake in terms of AI.

Visually this work is inspired by the iconography of Byte, a microcomputer magazine that covered the emergence of the personal computer between 1978 and 1986: Lauren Huret has produced a series of collages, to which she has added examples of adverts praising the merits – both human and magical – of the computer.